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Mes textes, mes inspirations et plus si affinités ...

Kayin, le plus fidèle à ma plume.

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 11:21
Je restais assise sur mon fauteuil, inerte, la tête penchée en avant et une cascade de cheveux me tombant sur le visage, mes bras posés sur les accoudoirs. Un type était assis à même le sol entre mes jambes, les yeux clos et sa tête d’ivrogne posée sur l’une de mes cuisses pleines d’égratignures et habillées de collants résille à moitié déchirés.
Il bavait et sa salive commençait à sécher sur ma peau déjà bien abîmée.
Ecoeurant … À vomir.
- Désolée Lapin, mais faut qu’je bouge, lui lâchais-je d’un ton sec et sans équivoque.
C’est à peine si le son de ma voix réussit à trouver son chemin jusqu’à sa cervelle imbibée d’alcool et il laissa un gémissement s’échapper entre des résidus de rouge à lèvre d’un semblant de couleur vermillon. Ne le voyant pas bouger d’un seul centimètre, je laissais mon impatience prendre le dessus et c’est en attrapant ses cheveux longs et sales d’une main que je le repoussai avec vigueur non sans lui donner quelques brefs coups de pieds afin de me redresser.
Aucune réaction de la part de ce Tony Stark en herbe, il se contenta de faire un roulé-boulé sur le coté pour finir la tête dans un pot de fleur.

Malgré le manque de lumière, j’y voyais comme en plein jour. Le sol tanguait et c’est en titubant que j’atteignis la salle de bain. Après avoir verrouillé la porte et allumé l’ampoule se trouvant au dessus du vieux lavabo rouillé, je pris une bonne inspiration avant de regarder l’étendue des dégâts tout en clignant des yeux à plusieurs reprises afin de m’adapter à la lumière artificielle :
- Et merde …
Pas très joli à voir … Mes cheveux bruns aux carrés passaient encore … Si l’on ne prêtait pas trop attention aux multiples épis qui me servaient de coiffe.
Mon maquillage avait dégouliné et le crayon Khôl qui m’avait permis de faire un « regard charbonneux » me laissait des marques noires sur la longueur des joues. La poudre blanche qui orne habituellement mon teint avait pratiquement disparu, ne laissant que quelques auréoles opaques sur les rebords de mon visage et le rouge écarlate dont le rôle est de colorer mes lèvres était étalé tout autour de ma bouche d’une façon non homogène.
Oh, et c’est sans oublier que mes collants à 90$ étaient totalement déchirés et bons pour le compresseur à ordure.
Ma minijupe écossaise, quant à elle, était juste pleine de terre. Un bon lavage lui permettrait de se débarrasser de ses traces et à vu d’œil, mon corset à lanières ne paraissait pas trop endommagé.
Rectification, une de ses lanières n’allait pas tarder à lâcher. Tout dépendrait de mes prochains mouvements …
Après cette courte inspection, je pus apercevoir une seringue toujours plantée dans le creux de mon bras. Je n’eu pas le temps de faire le moindre geste qu’une musique se déclencha de l’autre coté de la porte. Oui, une musique et pas n’importe laquelle …
- Mon portable ! Fais chier, c’est vraiment pas le moment !
Une bonne inspiration m’incita à attraper la seringue à pleine main avant de la retirer d’un coup sec, non sans m’arracher un gémissement de douleur.
Encore un peu et c’est le bout de viande qui venait avec … Ça m’apprendra à y aller comme une barbare …
Je jetai la seringue à l’autre bout de la pièce et m’apprêtai à sortir lorsque le bruit de sonnerie s’arrêta. Tant pis, il ou elle me laissera un message.

Après avoir tiré sur le cordon éteignant l’ampoule de la salle de bain miteuse, je pris la direction de la porte que j’entrouvris délicatement, contrastant totalement avec mes habitudes. Je risquais un bref coup d’œil à travers l’ouverture mais les ténèbres y régnaient en maître et mon champs de vision se limita à …
- Rien. Dis le moi ma chérie. Je t’en prie, accorde moi ce plaisir ! Dis moi que tu ne vois absolument rien !!
La voix masculine provenait de l’homme qui bavait quelques minutes plus tôt. Impossible de me souvenir de son prénom … Rodolphe ? Rudolf ? Adolf ? En même temps, je m’en fichais totalement. Appelons-le Holf, ça lui ira très bien !
- Je ne suis pas contre Holf, mais pourquoi me réclamer une chose pareille, lui demandais-je d’un air innocent cherchant à inspirer la confiance et la naïveté.
La seule réponse qui se fit entendre est un simple ricanement. Pas de problème, s’il voulait jouer au chat et à la souris, on verrait qui est le plus endurant de nous deux.

Je poussai la porte de quelques centimètres afin de me faufiler discrètement dans le salon, m’accroupissant rapidement après avoir passé l’embrasure et restant cachée derrière un fauteuil, espérant que ma cécité artificielle se dissiperait rapidement. Mon ouïe quant à elle, fonctionnait encore parfaitement bien et je pus même entendre des pas se diriger vers moi, cumulé à un bruit d’arme de poing que l’on sort de son étui ! Alors que mon hôte effectuait le tour du siège tout en marchant calmement, j’en profitais pour ramper dans le sens opposé.
Super. Je me retrouvai dans une situation très peu glorieuse en compagnie d’Holf qui cherchait à me faire la peau, arme à la main. Mon plan ne devait pas se dérouler comme ça ! Mais qu’est ce qui avait merdé ?!!
- Petit, petit, petit, susurra-t-il à demi-mot.
Trêve de plaisanterie. Ce n’était pas le moment de se pencher sur des questions existentielles et c’est en faisant appel à mon agilité de félin que je continuai de chercher ma route dans ce vieil appartement.

Mon sac à main. Il faut à tout prix que je le retrouve.
- Tu n’étais pas aussi farouche hier soir, ma douce …
Ne pas lui répondre. Inutile et trop dangereux. L’alcool et la drogue agissent encore sur ses sens et il ne PEUT PAS me voir. Mon sac à main, il est à quelques mètres de moi, je devrais pouvoir l’atteindre. Continue d’avancer … Plus que trois mètres.
- Non nobis Domine…
Il est juste derrière moi, tant pis … Il ne peut pas me voir. Il ne peut pas … Plus que deux mètres …
- Non nobis …
J’y suis presque, plus qu’un mètre … Plus qu’un mètre et sa vie sera à moi …
- Sed Nomini Tuo …
Holf n’eut pas le temps de terminer sa phrase.

Ma main s’inséra dans mon sac à main et c’est en lâchant un soupir de soulagement que mes doigts appuyèrent sur un détonateur. Pas d’explosion, pas de feu, pas de fumée … Juste un sirène abominable qui sortait de ce simple petit boîtier que je tenais dans ma main crispée.
Holf lâcha son arme tout en hurlant et tomba à terre, les mains sur les oreilles. Quant à moi … Je ne faisais pas la fière non plus et j’avais tout intérêt à me faire la malle le plus rapidement possible. Il ne manquerait plus que ses hommes de mains arrivent par poignées …

Mes doigts lâchèrent enfin le boîtier et son bouton, provoquant l’arrêt de ce son. Avant de me redresser (de toute manière, je n’étais pas en état), j’attrapai une boîte de médicaments bleus dans mon sac. « À ne prendre qu’en cas d’extrême urgence » qu’ils disent … Si s’en n’est pas un, je vois pas ce qu’il leur faut … Deux gélules allèrent trouver le sommeil au fond de ma gorge. L’efficacité immédiate de certains soins m’épatera toujours !

Une fois sur pied, je partis en quête d’un certain objet, celui qui était à l’origine de toute cette histoire. Un simple CD qui logeait dans la besace de mon compagnon d’une nuit portant la mention de « Confid. Temp. X02 ». Peut importe son contenu. Je n’étais pas là pour ça. Après l’avoir placé dans mon sac à main, je pris le chemin de la porte.

Quant à Holf, il restait à terre en position fœtale et pleurant comme un gosse. Je vais éviter de critiquer, je serais probablement dans le même état sans mon remède miracle …

J’avais d’ailleurs tout intérêt à me rendre à l’antenne de ma faction la plus proche, l’effet bénéfique de mes pilules magiques est puissant, mais éphémère …

Avant de sortir de l’immeuble, je m’arrêtai devant les boites aux lettres et c’est avec un sourire en coin que je retirai l’étiquette du nom fictif de « Mary Smith ».

Prochaine étape, rentrer au bercail.
Par Anima
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